Le Mali fait face à une crise sécuritaire et politique depuis près de dix ans. Malgré l’appui de la coalition militaire et les accords entre protagonistes, la situation ne se décante toujours pas. Ce qui fait dire à certains observateurs que la solution se trouve peut-être ailleurs. Aliou Diallo, le président du parti ADP-Maliba et candidat à la présidentielle prochaine, estime qu’il faut plutôt miser sur le volet économique.

Depuis près de dix ans, le ciel semble être tombé sur la tête des Maliens. Ils vivent au quotidien presque toutes les calamités de notre époque : insécurité, terrorisme, pauvreté, coup d’Etat, etc. Ils ne savent plus à quels saints se vouer d’autant que toutes les tentatives de résolution de cette crise multidimensionnelle s’avèrent vaines. En effet, la solution militaire n’a pas porté ses fruits.

En dépit de l’opération Barkhane et de la mission des Casques bleus, les terroristes sont toujours au nord et au centre du Mali. Aussi, les indépendantistes Touaregs et leurs alliés de circonstances maintiennent leur position. Ce qui montre que l’accord d’Alger, signé en juin 2015 à entre la République du Mali et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), n’a pas tenu toutes ses promesses.

Pis, à Bamako, les coups d’Etat se succèdent et la population continue de gronder malgré la mise en place d’une transition.

Accompagner le volet politique d’un volet économique

A l’évidence, les solutions militaires et politiques proposées à ce jour restent inefficaces. L’insécurité et l’instabilité continuent de régner, en même temps que la mauvaise gouvernance. Une situation qui invite des acteurs politiques à mieux diagnostiquer le mal du pays. Parmi eux, Aliou Boubacar Diallo, président fondateur d’ADP-Maliba. Ce poids lourd de la politique malienne pense qu’il faut abandonner les armes car elles ont montré leurs limites contre le terrorisme partout au monde.

Prenons en exemple l’Afghanistan où ce fléau persiste depuis des décennies malgré la présence militaire américaine. Quant aux tentatives politiques de résolution de la crise, le milliardaire malien les juge salutaires. Mais il pense qu’elles mériteraient d’être appuyées par des efforts économiques.

Des conflits nés des frustrations

Il ne fait pas allusion aux aides internationales dont dépend en grande partie le Mali. Celles-là n’ont jamais permis au pays de s’en sortir depuis son indépendance. Aliou Diallo ne compte pas, non plus, sur les transferts de la diaspora, un autre important contributeur au budget national. Il appelle plutôt à travailler véritablement sur le développement économique harmonieux des régions du pays.

D’après l’ex député de Kayes, toutes les crises que le pays traverse viennent principalement des frustrations de certaines communautés, qui se sentent oubliées du pouvoir central de Bamako. Pour pallier à ce problème, Aliou Diallo appelle à l’exploitation des richesses locales (agropastorales, artisanales, minières, touristiques et humaines) pour financer le développement de chaque région.

L’Etat pensera notamment à construire les infrastructures et services essentiels à la population locale. Ce sont par exemple les routes, ponts, universités, centrales électriques, usines, etc.

Un ambitieux plan Marshall pour le Mali

Cette politique économique décentralisée permettra la création de dizaines de milliers de TPE et PME dans divers secteurs d’activités. Elle mettra ainsi fin à l’exode rural, à l’immigration clandestine vers l’Europe, voire au terrorisme dans le nord et le centre.

« La pauvreté, la précarité et le manque de perspectives pour la jeunesse est le terreau le plus fertile à l’idéologie terroriste », a expliqué Aliou Boubacar Diallo. L’entrepreneur a inscrit toutes ces idées dans son ambitieux plan Marshall pour le Mali, potentiellement doté de 15.000 milliards de Francs CFA. Ce programme présenté lors de la présidentielle de 2018 est à nouveau mis en avant et en à jour avec une augmentation du niveau d’investissement.

Il se donne pour mission de mieux exploiter les énormes potentialités dont dispose le pays et qui font baver les grandes multinationales de la place. « Il faut juste des gens capables de les mettre en valeur afin qu’elles profitent à tous », explique M. Diallo, qui se pose en homme de la situation.

Donné favori par les sondages

Mais, les Maliens pensent-ils autant ? Apparemment oui si l’on considère de récents sondages du cabinet Statix. Ces enquêtes donnent favori le milliardaire avec 10 points d’avance sur son challenger principal, le premier ministre Moussa Mara (17% des intentions de vote). Rappelons qu’il avait déjà fini troisième lors du précédent scrutin, derrière l’ex président Ibrahim Boubacar Keita et l’ancien leader de l’opposition, feu Soumaïla Cissé. Sa position actuelle semble ainsi logique.

Cette percée d’Aliou Diallo dans l’opinion malienne reposerait en partie sur sa politique d’ouverture, de dialogue et de rassemblement des fils et filles du pays. Le président d’ADP-Maliba pourrait également brandir sa réputation d’entrepreneur à succès pour se positionner en homme de la situation. En effet, il aurait déjà prouvé ses qualités de dirigeants à la tête de sociétés comme Wassoul’Or et Hydroma, qu’il a fondée en 2006. Cette compagnie est reconnue comme la pionnière de l’exploitation de l’hydrogène naturel au monde. A ce jour, elle demeure la seule à relever ce défi.

Un philanthrope dans l’âme

Aliou Diallo pourrait aussi valablement se prévaloir de l’image d’un homme d’affaires intègre. Pour preuve, il ne serait mené à aucun scandale financier et serait sorti totalement blanchi des rares accusations venant de prédateurs étrangers à son encontre. Par ailleurs, le PDG d’Hydroma aurait gagné les cœurs par sa générosité qui dure depuis 30 ans.

En effet, sa fondation Maliba œuvre depuis 1991 à l’amélioration des conditions de vie des populations par la réalisation de forages d’eau, le pavage de rues, la construction de ponts ou encore le financement de projets générateurs de revenus pour les jeunes et les femmes, etc. En outre, sa compagnie Hydroma a distribué gratuitement de l’électricité verte (produit à part de l’hydrogène naturel) aux habitants de Bourakébougou, village près duquel elle a installé de 2012 à 2019 une première unité pilote non commerciale.

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