La finance peut être une force du bien dans la société. Mais, au cours des dernières décennies, les changements structurels et comportementaux ont éloigné l’industrie de sa mission de servir les clients et de soutenir l’économie au profit de son enrichissement.

Au pire, les entreprises de services financiers sont embourbées dans des conflits d’intérêts, enveloppées d’opacité et de complexité et biaisées par l’asymétrie de l’information. Beaucoup de mes étudiants ont envie de travailler dans la finance, mais craignent d’être corrompus dès qu’ils accèdent à leur premier emploi. Que peut-on faire pour restaurer la confiance dans l’industrie ?

La réglementation

La réglementation est une pièce essentielle du puzzle. Mais même dans le cadre des contraintes des structures existantes, mes recherches indiquent que des professionnels de la finance bien intentionnés peuvent renverser les stéréotypes et réussir sans extraire de la valeur du reste de la société. Et nous pouvons tous les considérer comme des modèles.

En termes simples, ils servent fidèlement les intérêts de leurs clients, mais pas de manière à nuire aux autres parties prenantes. Ils traitent leurs collègues avec dignité et promeuvent la diversité au sein de leurs organisations et dans l’industrie. Et ils utilisent leurs compétences et leurs réseaux pour contribuer au monde au-delà de leur travail.

Une bonne gestion

Prenez le gestionnaire de fonds spéculatifs Andy Okun. Au lieu d’adopter les termes clients hautement standardisés utilisés par la plupart des acteurs de son secteur, lui et son cofondateur maintenant à la retraite ont décidé de créer les leurs à partir de zéro. Mis à part les frais peu élevés, le haut niveau du fonds, ou niveau de performance auquel les gestionnaires perçoivent des commissions incitatives, augmente en fait chaque année.

Ci-après une vidéo en anglais expliquant l’importance de la finance :

Okun ne peut pas bloquer ses clients en cas de krach boursier. Et, pendant près de 20 ans, jusqu’à un changement de code des impôts, lui et ses partenaires ont non seulement conservé une part des bénéfices des clients les bonnes années, mais, les mauvaises, ils ont payé aux clients une partie des pertes sur leur propre épargne. C’est le pilier le plus important d’un comportement vertueux: servir fidèlement les intérêts de votre client, même lorsque personne ne le regarde.

Bien servir les clients

Frédéric Samama, senior manager chez Amundi, le plus grand gestionnaire d’actifs d’Europe, illustre comment faire en sorte que bien servir les clients ne signifie pas extraire de la valeur des autres. Dans les années 2000, il est devenu convaincu que son entreprise pouvait investir les actifs de ses clients de manière productive tout en s’attaquant, plutôt qu’en aggravant, le changement climatique. Il s’agit d’une position inhabituelle, souvent considérée comme limitant la carrière, à l’époque.

En partenariat avec Patrick Bolton de l’Université de Columbia, il a présenté ce cas à des investisseurs à long terme, dont Matts Andersson, le PDG du fonds de pension suédois AP4, qui, bien que sceptique au départ, a finalement accepté d’intégrer des facteurs ESG dans les investissements de la pension. Samama et ses collègues ont ensuite développé le premier indice d’équité bas-carbone grand public en partenariat avec MSCI, ouvrant la voie à un marché qui a connu une croissance exponentielle ces dernières années.

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