L’idée d’attribuer une valeur aux écosystèmes et aux services qu’ils fournissent pour aider à réguler notre environnement n’est pas nouvelle. Au fil des ans,  diverses approches  ont été utilisées pour valoriser la nature dans le cadre d’analyses coûts-avantages et d’exercices similaires.

L’une des estimations les mieux connues des dommages environnementaux est le coût social du carbone, c’est-à-dire la valeur actuelle nette de l’impact social et environnemental d’une tonne supplémentaire de CO2 émise dans l’atmosphère. Les estimations de ce nombre  varient et, en fin de compte, le chiffre réel pourrait être extrêmement  élevé, mais de nombreuses entreprises utilisent une certaine forme de  prix fictif interne  du carbone pour les aider à prendre des décisions d’investissement.

Risques matériels

Aux taux de déforestation actuels, un terrain de football de forêt  est perdu  chaque seconde. Sur ce montant, une quantité importante est constituée de forêts pluviales primaires riches en biodiversité. La déforestation et d’autres facteurs pourraient amener l’Amazonie à passer d’un puits de carbone à une source de carbone. Les forêts tropicales fournissent d’autres services écosystémiques importants tels que la régulation du cycle de l’eau et la prévention de l’érosion des sols et de la désertification.

Voici une vidéo relatant ces faits :

En ce qui concerne les océans, le réchauffement et l’acidification ont des effets néfastes importants sur les écosystèmes délicats tels que les récifs coralliens. Avec un réchauffement de 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels, pratiquement tous les récifs  seront perdus à  cause du blanchissement des coraux. Même limiter le réchauffement à 1,5 °C, l’objectif privilégié de l’Accord de Paris, entraînerait la disparition de 70 à 90 % des récifs.

Laissant de côté les arguments philosophiques sur la valeur intrinsèque de la nature, la perte de capital naturel a des conséquences réelles et matérielles. En ce qui concerne les événements récents, on pense qu’un empiètement supplémentaire sur le monde naturel  entraînera  des pandémies supplémentaires, et potentiellement plus mortelles, à mesure que les humains entreront en contact avec de nouveaux virus. Perdre la biodiversité signifie aussi perdre le potentiel de découvrir de  nouveaux médicaments, tout en ayant peut-être un impact sur l’offre de médicaments existants.

Un nouveau groupe de travail émerge

Comme c’est le cas pour de nombreux aspects de la durabilité, les données restent un problème lorsqu’il s’agit d’identifier les risques pour la biodiversité.

Il est donc opportun que l’ONU  lance  une initiative visant à créer un cadre reflétant le TCFD, le  Groupe de travail sur les divulgations financières liées à la nature (TNFD),  qui vise à s’attaquer à ce problème.

Cette initiative, qui bénéficie du soutien des gouvernements et des banques britanniques et suisses, dont BNP Paribas, vise à rendre les organisations mieux équipées pour publier et agir sur les divulgations liées au capital naturel, en développant des cadres pour la communication d’informations financières liées à la nature. Suite aux discussions initiales de cette année, le TNFD sera développé en 2021 pour être lancé dans le monde entier en 2022.

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