Douze ans après la crise financière, les déposants et les investisseurs ne devraient vraiment pas douter de leur confiance dans la façon dont les banques mesurent leur solidité financière. Mais les raisons du scepticisme continuent à venir.

La Banque d’Angleterre a signalé la semaine dernière que certains prêteurs sous-estiment le risque de leurs prêts immobiliers. Les banques qui utilisent leurs propres modèles pour effectuer ces calculs, généralement les prêteurs les plus importants et les plus sophistiqués, attribuent une pondération de risque moyenne de 10 % à leurs prêts hypothécaires. La mesure est faible par rapport aux niveaux historiques, et c’est une fraction de la pondération de risque de 35 % que les prêteurs attribuent aux emprunts immobiliers lorsqu’ils utilisent un modèle standard plutôt qu’une approche sur mesure. C’est une divergence troublante.

Des différences majeures

Même pour les prêts qui devraient être de la même qualité, les prêteurs proposent des mesures de risque différentes. Entre les banques, les chiffres varient d’une pondération de risque de 4 % à 17 %, selon le régulateur britannique.

Avec des banques assises sur des centaines de milliards d’euros de prêts immobiliers, leur jugement sur le risque des prêts hypothécaires a d’énormes répercussions sur leur résilience financière. Cela est d’autant plus inquiétant au milieu d’une pandémie. La préoccupation de la BOE est un avertissement non négligeable.

Le mode de calcul des banques

Les banques sont tenues de détenir un montant minimum de capital sur les prêts, après avoir ajusté leur risque relatif. Cet exercice de calcul des «actifs pondérés en fonction des risques» est extrêmement complexe. Les étrangers, même les auditeurs, n’ont pas les moyens de remettre en question le résultat.

Le résultat est que les banques peuvent sembler plus sûres qu’elles ne le sont si leurs calculs établissent pour leurs actifs un chiffre pondéré en fonction du risque plus faible qu’une approche plus prudente ne le permettrait.

De nombreuses banques concernées

Les banques britanniques ne sont pas seules à faire face à un nouvel examen minutieux de leurs modèles. Le régulateur suédois a récemment demandé à la plus grande banque du pays, Svenska Handelsbanken AB, de passer à un modèle standard au lieu de son propre modèle interne lors du calcul du risque qu’elle prend dans sa filiale britannique. Ce portefeuille se compose principalement de biens immobiliers commerciaux et résidentiels et représente plus de 10 % des actifs du groupe.

Ci-après, découvrez une vidéo parlant de la crise rencontrée par les banques françaises :

À la suite de ce changement, les fonds propres de base de la banque suédoise, âgée de 149 ans, seront touchés lorsqu’ils seront mesurés par rapport aux actifs pondérés en fonction des risques, réduisant d’environ 1,6 point de pourcentage le ratio de 18,7% d’actions ordinaires Tier 1 de juin.

Ce qu’il faut faire

Même pour une banque qui prétend être l’une des plus solides au monde financièrement, cette érosion de sa résilience n’est pas une erreur. Ses fonds propres dépassent toujours confortablement les exigences des régulateurs, mais la valorisation de la prime de Handelsbanken sur le marché boursier est en grande partie fonction de sa réputation de conservatisme du capital. 

Le régulateur a simplement déclaré que le moment était venu d’utiliser le même calcul du risque des actifs britanniques au niveau des filiales et du groupe, et que cette décision n’était pas liée au Brexit.

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