L’Etat algérien met en place un système bancaire basé sur la finance islamique . Ce dispositif permet de pallier à la perte financière due à la thésaurisation, une pratique très courante en Algérie.

Les banques boudées par les Algériens

La majorité des Algériens n’ont pas de compte en banque. Dans un pays dominé par la religion musulmane, les offres bancaires sont écartées du fait de leur non-conformité à la charia. En effet, la loi islamique interdit strictement la spéculation, les crédits avec des taux d’intérêt, le placement d’argent dans des produits indésirables comme l’alcool et le tabac.

La valeur de l’argent qui circule hors du circuit économique est évaluée à plus 30 milliards de dollars. L’Etat opte, alors, pour la finance islamique afin d’inciter les Algériens à recourir aux services bancaires. Il s’agit d’une solution efficace pour éviter les pertes financières dues à la thésaurisation.

Le gouvernement algérien s’oriente vers la finance islamique pour s’adapter au contexte social et, ainsi, améliorer l’économie du pays. Pour amorcer l’orientation vers ce modèle financier spécifique, l’Autorité charaïque nationale de la fatwa pour l’industrie de la finance islamique a été créée au début du mois d’avril.

Cette institution est chargée de contrôler le secteur de la finance islamique. Elle a également pour mission de délivrer l’attestation de conformité des services financiers aux principes de base de la religion musulmane.

Des services de finance islamique

Le 30 juillet, la Banque Nationale d’Algérie (BNA) a obtenu l’agrément de conformité islamique. Elle a lancé officiellement ses services de finance islamique le 4 août. Le dispositif financier constitue une branche distinctive des offres bancaires classiques, qui restent toujours accessibles aux clients.

La BNA propose, en tout, 9 offres, dont, ces offres de financement :

  • La Mourabaha (Murabaha) immobilier, automobile et équipement: Il s’agit d’une alternative au prêt qui prévoit l’achat d’un bien précis par la banque en vue d’une revente au client à un prix incluant une marge bénéficiaire,
  • L’Ijara (Ijarah). Cette offre équivaut au crédit-bail ou à la location -vente. La banque acquière un bien et le met en location à un client pour une durée déterminée. A l’échéance du délai convenu, le client a le choix entre acheter et restituer le bien à la Banque. La BNA propose deux formules, à savoir : l’Ijara Tamlikia et l’Ijara matériels,
  • La Moucharaka est un système de partenariat entre la banque et le client intéressé en vue du financement d’un projet. Les bénéfices et les pertes engagés sont répartis entre les deux parties au prorata des apports.

Le service de finance islamique de la BNA comprend aussi des produits d’épargne parmi lesquels : le compte épargne islamique, le compte épargne islamique « jeunes », le compte courant et le compte chèque.

L’objectif de cette mesure financière est d’inciter les Algériens à ouvrir un compte bancaire et à recourir aux services proposés par la banque. Le volume d’argent provenant de ce système constitue une ressource financière importante qui pourrait notamment être utile dans le cadre de la lutte contre la pandémie de la Covid-19.

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