Au Mali, Hydroma exploite depuis près de dix ans l’hydrogène naturel pour produire de l’électricité verte, distribuée gratuitement aux habitants de Bourakébougou. Parallèlement, la société mène des recherches sur cette ressource. Pour expliquer au le fonctionnement de cette nouvelle source d’énergie, Aliou Diallo, le fondateur d’Hydroma, était dimanche l’invité de la chaine panafricaine Africable.

Il y a près de dix ans, Aliou Diallo créait une compagnie pour l’exploration et le développement des hydrocarbures liquides et gazeux. L’entreprise fut d’abord baptisée Petroma, mais a dû changer de nom en 2019 pour devenir Hydroma, après qu’elle s’est lancée dans la production d’hydrogène naturel.

A l’époque, il n’y avait pas encore de consensus sur l’existence même de cette ressource sur les continents. La communauté scientifique pensait qu’elle ne se trouvait que dans des profondeurs inaccessibles de la mer. Elle estimait donc que ce gaz n’avait aucun intérêt pour les industriels.

Aliou Diallo a fait mentir la communauté scientifique

Mais en 2010, une étude d’Alain Prinzhofer, de l’Institut français du pétrole, et d’Éric Deville, prouvera que l’hydrogène naturel existe en abondance sur les continents. Depuis, des gisements ont été découverts dans une vingtaine de pays, dont la Russie, les Etats Unis, l’Australie, le Canada et le Mali.

Malgré ces découvertes, les industriels sont restés sceptiques sur l’intérêt de l’hydrogène naturel. Ils ont prétexté n’avoir pas assez de connaissances à son sujet et une technologie adaptée pour l’exploiter. Mais, au Mali, Hydroma a démontré le contraire.

Depuis 2012, cette compagnie transforme l’hydrogène naturel en électricité verte, grâce à une unité pilote installée près du village de Bourakébougou. Constatant la réussite de cette première phase à valeur de test, le groupe a récemment amorcé la seconde étape de son projet énergétique : la production à grande échelle d’énergie propre.

Une thèse et des études géophysiques et sismiques

Tout en continuant d’exploiter l’hydrogène naturel, Hydroma effectue aussi des recherches scientifiques pour convaincre de l’importance de cette ressource dans la transition énergétique. Selon Aliou Diallo, toutes les découvertes effectuées dans l’hydrogène naturel au monde, n’ont pas encore atteint le niveau de recherche de son groupe.

« Nous sommes les seuls au monde à investir depuis une dizaine d’années dans la géophysique, la sismique, dans les forages. Nous sommes en train de financer une thèse en partenariat avec l’IFPEN. Nous avons pris un étudiant malien pour faire des thèses sur les forages que nous avons réalisés pour expliquer au monde entier ce que nous avons découvert : comment l’hydrogène se forme sous terre, comment il fait sa migration et se stocke dans des réservoirs sous terre, et qu’est ce qui empêche in fine la migration de l’hydrogène en surface », fait valoir le PDG au cours d’une interview sur Africable Télévision.

L’Allemagne suit de près le projet énergétique d’Hydroma

« Les scientifiques disaient avant que l’hydrogène naturel n’existait pas, nous avons prouvé le contraire et nous avons même prouvé que le sous-sol peut le stocker et que la migration peut être stoppée vers la surface. Ce qui en fait une source d’énergie considérable pour l’avenir », ajoute l’homme d’affaires malien.

Grâce à ses travaux sur l’hydrogène naturel, Hydroma a réussi à attirer l’attention du milieu scientifique, notamment en Allemagne, pays qui ambitionne de devenir Numéro 1 de cette ressource. Il a d’ailleurs eu une rencontre, il y a quelques jours, avec de hauts responsables allemands qui l’ont félicité pour sa révolution énergétique. 

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