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L’heure du greenshoring est-elle venue ?

Les chaînes de valeur mondiales sont actuellement sous forte pression : les tensions géopolitiques, la pandémie et le besoin de plus en plus réclamé par les différents marchés de maîtriser leur impact environnemental influencent fortement leur réorganisation géographique et stratégique. Cependant, ces chocs internes et externes ont conduit à une accélération rapide des tendances déjà amorcées avant les crises précitées ; c’est le cas de tendances telles que la délocalisation des activités de production vers les pays d’origine. 

C’est avec la crise financière de 2008-2009 que les premières entreprises ont commencé à ramener dans leur pays d’origine des activités de production précédemment implantées dans d’autres pays. Cette tendance a cependant commencé à être un phénomène de plus en plus populaire avec les insécurités provoquées par le Brexit, par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, par la pandémie et, maintenant, par la guerre russo-ukrainienne.

Un phénomène répandu, même en Italie

Le phénomène de relocalisation est de plus en plus soutenu par les politiques et initiatives gouvernementales. Le gouvernement des États-Unis a fait passer le Buy American Act en introduisant d’autres initiatives telles que, par exemple, Make it in America introduite par l’administration Obama, qui offrait un soutien financier, d’une valeur d’environ 40 millions de dollars, aux entreprises qui décidaient d’apporter leur production opérations de retour en Amérique. Le Royaume-Uni, avec son « Reshore UK » encourage le retour des activités de production précédemment transférées vers l’étranger et vers la France, le Ministère de l’Économie et des Finances a développé et mis à la disposition des entreprises un logiciel d’auto-évaluation de leur degré de préparation à la relocalisation (Eurofund, 2019), c’est-à-dire d’identifier les points forts et la préparation pour faire face à cette stratégie.

Voici une vidéo en anglais parlant du friendshoring :

Même l’Italie, bien qu’à travers des politiques plus régionales, pousse les entreprises à rapatrier leurs activités de production. C’est le cas de l’Emilie-Romagne et de l’outil de relocalisation mis à disposition des entreprises qui a ramené des entreprises comme Giesse, Beghelli, Wayel ou Piquadro. Ici, les secteurs principalement touchés par ce phénomène sont la mécanique et la mode et c’est surtout un retour de l’Asie, plus précisément de la Chine.

Friendshoring, IPEF et nouveaux tarifs, vers deux blocs ?

Le terme Friendshoring ou A lliedshoring est la tendance à une modification des chaînes d’approvisionnement qui voit, en plus du reshoring ou de l’onshoring, un déplacement de la production vers des pays partageant des idéaux communs avec les occidentaux et fait aujourd’hui l’objet de débats dans le monde économique entre les partisans de cette nouvelle approche et ceux qui prédisent qu’une approche similaire est difficile à mettre en œuvre et peut entraîner une augmentation de l’inflation et une diminution de la richesse.

Certaines initiatives politiques semblent viser à créer des relations économiques plus étroites avec des pays alliés. L’Accord-cadre économique indo-pacifique (IPEF), actuellement en discussion, est né de l’initiative des États-Unis de redevenir l’un des principaux acteurs de la zone indo-pacifique. L’IPEF voit parmi les États participants, outre les États-Unis, des pays comme l’Australie, l’Inde, le Japon (partie du QUAD) et les principales économies de l’ASEAN, à l’exception de la Chine. Pour le moment l’IPEF semble être un accord commercial atypique puisqu’il ne semble pas concerner, au moins directement, la réduction des tarifs et un meilleur accès au marché américain, mais un dialogue pour de futures négociations sur quatre chapitres tels que le commerce, les chaînes d’approvisionnement, l’énergie propre, la décarbonisation et les infrastructures, la fiscalité et la lutte contre -corruption. L’objectif semble être de définir des règles communes pour les quatre chapitres négociés. Il reste à évaluer si la mise en œuvre des règles communes qui seront définies au cours des négociations entre les différents pays constituera à l’avenir une condition d’accès au marché américain, créant non seulement un bloc économique homogène, mais en réalité mise en place de l’amitié avec les pays adhérents.

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