Les récents événements climatiques extrêmes qui ont secoué l’Australie ont démontré clairement l’importance capitale de la finance durable dans la lutte contre le réchauffement climatique.

L’Australie victime du climato-scepticisme de son gouvernement

Une saison sèche qui s’abat plus tôt, des températures qui ne cessent d’augmenter, entrainant des incendies intenses suivies de fortes tempêtes occasionnant des inondations. L’Australie subit les conséquences du réchauffement climatique. Le bilan est lourd : 10,7 millions d’hectares brûlés, au moins 29 morts. 1,25 milliards d’animaux ont également péri dans les incendies. Le 14 janvier dernier, Melbourne a pris la première place dans le classement des villes les plus polluées du monde avec un indice de 412 microgrammes de particules fines/m3 dans l’atmosphère.

Face à cette catastrophe, les citoyens australiens se joignent aux militants écologiques pour dénoncer le climato-scepticisme du Premier Ministre, Scott Morrison. Ce dernier soutien notamment le secteur du charbon qui constitue la principale source de revenu du pays dans la filière industrielle. Les déclarations qu’il a faites suite aux événements qui ont secoué l’Australie confirment sa décision de maintenir la politique économique actuelle. Pour rappel, l’Australie est le premier exportateur de charbon au monde. Le chef du gouvernement australien est également pointé du doigt par ses compatriotes à cause de la politique financière qu’il a décrétée. En effet, le gouvernement a prévu une diminution des fonds alloués au financement des actions de secours pour les victimes des incendies ravageuses.

La finance durable pour soutenir la croissance économique tout en préservant l’environnement

Dans une édition de l’émission De cause à effets, le magazine de l’environnement, présentée par Aurélie Luneau et diffusée sur France Culture, Alain Grandjean, docteur en économie et président de la fondation pour la Nature et l’Homme, constate que l’Australie, comme tous les pays du monde, reconnait la situation environnementale actuelle ainsi que toutes les dispositions établies pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Toutefois, le gouvernement se refuse à mettre ces mesures en application par crainte de freiner la croissance économique soutenue par des secteurs d’activités énergivores. Cela explique l’augmentation croissante des chiffres liés aux émissions de gaz à effet de serre dans les grandes villes du monde.

Pour Vivian Depoues, chercheur à l’I4EC (Institut de l’Economie pour le Climat), qui est également intervenu dans le cadre de l’émission de France Culture, une adaptation du système économique actuelle aux conditions climatiques s’impose. Pour le moment, les chefs d’Etat n’accordent pas encore une importance particulière à la question du réchauffement climatique car les impacts sont minimisés. Mais à long terme, les changements du climat auront des conséquences néfastes sur l’économie. A ce moment, il sera trop tard pour agir.

En somme, les spécialistes préconisent la transition vers une finance durable, à travers le renforcement des investissements éthiques pour faire efficacement face aux désastres climatiques tout en soutenant la croissance économique.

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