Philip Morris International (PMI), le leader mondial de l’industrie du tabac, compte arrêter la commercialisation de cigarettes au Japon d’ici 10 ans, a déclaré le PDG du groupe, Jacek Olczak, à l’occasion d’une interview dans la presse nipponne. Une annonce en adéquation avec la volonté affichée de PMI de faire évoluer son modèle économique à destination des alternatives à la cigarette.

« Nous voulons que le Japon soit le premier marché » pour la disparition de la cigarette, a affirmé le nouveau patron de PMI lors d’une interview avec le quotidien économique Nikkei Business Daily. Philip Morris « va atteindre une société sans fumée au Japon d’ici dix ans », a-t-il poursuivi, en reprenant le nouveau slogan de son groupe : « Offrir un monde sans fumée ».

Selon Jacek Olczak, Philip Morris International mise avant tout sur la technologie et l’innovation pour offrir des alternatives moins nocives aux fumeurs ne parvenant pas ou ne voulant pas arrêter seuls. « Nous prévoyons de lancer de nouveaux dispositifs utilisant de nouvelles technologies », a-t-il précisé.

En se basant sur divers travaux scientifiques démontrant que la nocivité du tabac provient essentiellement de la combustion, PMI a développé depuis plusieurs années un dispositif de tabac à chauffer alternatif à la cigarette baptisé Iqos. Ce dispositif permet, selon PMI, d’inhaler des vapeurs de tabac sans générer de combustion, réduisant de 90% à 95% sa nocivité par rapport à la cigarette.

Le tabac à chauffer, comme d’autres alternatives à la cigarette telles que les cigarettes électroniques, ne sont pas sans risque, mais représentent selon les industriels et de nombreux spécialistes de santé publique, une nocivité bien moindre que la cigarette et représentent par conséquent des aides utiles pour accompagner certains fumeurs souhaitant décrocher.

Le tabac à chauffer, et notamment l’Iqos, connait un grand succès au Japon. Les ventes d’Iqos représentent à elles-seules plus de 12% des ventes totales de tabac dans le pays. La progression des ventes d’Iqos depuis son lancement en 2016 ont été de pair avec une baisse comparable des ventes de cigarettes.

Le Japon, qui était à une époque l’un des pays avec le plus fort taux de fumeurs, fait aujourd’hui figure de bon élève dans la lutte contre le tabagisme avec une baisse régulière et rapide du nombre de fumeurs. Des résultats qui s’expliquent par le volontarisme du gouvernement, qui a interdit de fumer dans les lieux publics tout en facilitant le déploiement d’alternatives à la cigarette.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *