L’hydrogène vert est considéré actuellement comme le candidat parfait pour la transition énergétique. Abondant, renouvelable et sans émission de CO2, c’est une ressource presque totalement vertueuse. Sauf que son prix demeure encore un peu trop élevé. La production d’1 kg d’hydrogène vert coûte environ 5 €, contre 1,5 € seulement pour 1 kg d’hydrogène gris. Un sérieux handicap qui l’empêche de décoller. Mais les acteurs de ce secteur estiment que le rapport de force changera dans les dix prochaines années.

Des plans gouvernementaux pour démocratiser l’usage de l’hydrogène vert

Comme la plupart des puissances économiques mondiales, la France est engagée dans une transition énergétique depuis quelques années. En plus du solaire et de l’éolien, elle mise sur l’hydrogène pour inverser la courbe du réchauffement climatique. Pour l’instant, l’hydrogène est principalement gris (à 95%), c’est-à-dire issu d’énergies fossiles, surtout du gaz naturel. Il émet ainsi énormément de CO2.

Les industriels se tournent donc de plus en plus vers l’hydrogène vert, produit à partir d’énergies renouvelables, notamment l’électricité produite par les éoliennes ou les panneaux solaires. Si elle est propre, cette énergie est encore trop chère. Aujourd’hui, la production industrielle d’1 kg d’hydrogène vert coûte environ 5 €, contre 1,5 € seulement pour 1 kg d’hydrogène gris.

Pour en finir avec ce sérieux handicap, les Etats ont récemment proposé des plans hydrogène très ambitieux. Notamment l’Allemagne qui a décaissé 9 milliards d’euros en juin 2020. Quant à la France, elle a annoncé un premier investissement de 7 milliards d’euros en septembre 2020.

Son intention est de démocratiser l’usage de cette ressource. Grâce à cet engagement des pouvoirs publics, on pense que d’ici à 2030, l’hydrogène vert coûtera moins cher que l’hydrogène bleu (produits à base d’énergies fossiles, mais avec capture et séquestration du CO2). Et d’ici 2050, il sera plus compétitif que l’hydrogène gris et le gaz naturel.

« La courbe de prix de l’hydrogène vert croisera celle de l’hydrogène gris d’ici 2030 »

Une prévision partagée Hoang Bui, coordonnateur de la stratégie nationale hydrogène au secrétariat général pour l’investissement. Au cours de la 5e édition des rendez-vous de l’innovation énergétique, organisé en juin, il a déclaré que la courbe de prix de l’hydrogène vert croisera celle de l’hydrogène gris d’ici 2030. Ceci, grâce à la baisse final des coûts de production.

Au Mali, une ambitieuse compagnie promet un prix encoredérisoire : Hydroma. Mais, cette compagnie ne mise pas sur l’hydrogène vert manufacturé, qui nécessite une technologie encore trop chère. Elle a fait le pari de l’hydrogène naturel ou natif, une ressource qui se trouve sous nos pieds.

Contrairement à l’hydrogène vert, l’hydrogène naturel serait totalement vertueux. En effet, elle est également abondante sous terre, renouvelable à souhaite, sans émission de C02 et surtout pas chère. Au niveau de la pollution et du gaspillage, retenons qu’elle ne rejette que de l’eau, là où l’hydrogène gris en consomme beaucoup.

Depuis 2012, Hydroma transforme l’hydrogène natif en électricité propre pour le village de Bourakébougou, grâce à une unité pilote. Après huit années d’un test réussi, la société a récemment annoncé une production à grande échelle. Elle compte exporter cette production en Europe via un pipeline de 4.700 kilomètres, qui partira de Bourakébougou jusqu’aux portes du vieux continent.

Un hydrogène compétitif venu du Mali 

« Ce n’est pas un rêve, c’est une réalisation tout à fait faisable. L’Europe même est en train de construire 23.000 kilomètres de pipeline (la dorsale hydrogène européenne – EHB) pour le transport de l’hydrogène. Là ils vont transporter un kilo d’hydrogène sur 2.500 kilomètres, environ 0,20 cents le kilo. Nous avec moins de 5.000 kilomètres de pipeline, nous pouvons transporter de l’hydrogène à moins de 0,50 cents le kilo. Ce qui peut nous permettre d’envoyer notre hydrogène sur le marché européen, tout en restant compétitif par rapport à l’hydrogène gris sur le marché européen aujourd’hui » a laissé entendre le PDG d’Hydroma, Aliou Boubacar Diallo.

Une promesse qui devrait vivement intéressé les pays européens, dont la production d’hydrogène vert ne suffira pas à satisfaire la forte demande nationale.

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