D’après le seizième rapport de l’Observatoire sur la libre-circulation des personnes, établi par le Secrétariat d’Etat à l’Economie (SECO), 30 700 personnes en provenance de l’UE et de l’AELE se sont immigrées en Suisse en 2019. L’immigration répond essentiellement à la demande de main d’œuvre ou s’inscrit dans le cadre du regroupement familial. Dans son bilan annuel, le SECO démontre que la libre circulation des personnes s’avère bénéfique pour le marché du travail suisse et pour les travailleurs suisses.

Une évolution stable du solde migratoire sur deux ans

Le rapport de l’Observatoire sur la libre-circulation des personnes paru lundi indique une évolution stable du solde migratoire en comparaison au bilan annuel réalisé en 2018 , qui fait état de 31 200 personnes arrivées en Suisse en provenance des pays de l’UE et de l’AELE. Le record d’immigration a été enregistré en 2013, avec 68 000 entrées de travailleurs immigrés en Suisse.

Le nombre d’immigrés issus des pays de l’Europe de l’Est et de l’Europe du Sud a connu une hausse en comparaison à celui des travailleurs en provenance de l’Europe de l’Ouest et du Nord. En cause : la situation économique instable dans ces pays.

Les effets de l’immigration

Le rapport précise que l’immigration n’a aucune répercussion sur le salaire en Suisse. En atteste le taux d’augmentation du salaire médian des Suisses sur une décennie, entre 2008 et 2018, qui est de 0,8%. Cet indice reste légèrement élevé en comparaison au taux de croissance du salaire médian de l’ensemble des travailleurs.

Cela s’explique, d’une part, par le fait que la très grande majorité des arrivées des étrangers constitue une réponse aux demandes de main d’œuvre réelles dans le pays et s’inscrit dans le cadre de l’application de l’Accord sur la Libre Circulation des Personnes (ALCP), entrée en vigueur en 2002. Si l’ALCP avait pour objectif principal de privilégier l’immigration de travailleurs hautement qualifiés, l’orientation n’est plus le même, ces dernières années, les postes stratégiques sont davantage occupés par les Suisses et les travailleurs en provenance des pays de l’UE et de l’AELE exercent des activités professionnels qui requièrent un faible niveau de compétences.

Ce qui constitue un véritable avantage en termes de flexibilité du travail. Il est spécifié que les travailleurs issus de l’immigration acceptent de prendre des postes à des horaires plus souples (travail de nuit, jours fériés, …) , les contrats de travail temporaires, les travaux saisonniers, … . Cela accommodent au mieux les entreprises installées en Suisse qui œuvrent dans les secteurs qui éprouvent un besoin accru en main d’œuvre flexible.

D’autre part, les immigrants issus du regroupement familial s’intègrent rapidement et parviennent à trouver du travail aisément et, ainsi, à connaître une véritable indépendance économique et sociale. Cela réduit le recours aux aides sociales et augmente le montant des contributions à la sécurité sociale.

Par ailleurs, l’évolution du solde migratoire s’accompagne d’une stabilisation des taux de chômage des ressortissants suisses.

Ainsi, les statistiques reflètent concrètement que la libre-circulation des personnes présente des effets positifs sur la situation économique et sociale et contribue à la flexibilité du marché du travail en Suisse.

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