Paquet neutre pour la vape : la FIVAPE réclame une évaluation avant toute décision
Alors qu’une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale prévoit d’étendre le paquet neutre aux produits du vapotage, l’FIVAPE tire la sonnette d’alarme. Représentant une large majorité du secteur, l’organisation vient de publier une analyse d’impact destinée à alerter sur les conséquences qu’une telle mesure pourrait avoir sur la santé publique, l’emploi et l’économie de la filière.
Débat parlementaire : l’absence d’étude d’impact dénoncée
Déposée le 28 avril 2026, la proposition de loi n° 2726 vise à imposer aux produits du vapotage des règles de présentation similaires à celles déjà appliquées aux cigarettes, avec l’instauration du paquet neutre. Si l’objectif affiché est de renforcer la lutte contre le tabagisme, le texte suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels du secteur.
La FIVAPE regrette notamment qu’aucune étude d’impact n’accompagne cette initiative parlementaire. Si cette obligation ne s’impose juridiquement qu’aux projets de loi émanant du gouvernement, la fédération rappelle qu’il est désormais fréquent de produire ce type d’analyse lorsqu’un texte est susceptible d’affecter une filière économique structurée ou une politique publique sensible.
Selon la FIVAPE, cette démarche permet d’éclairer le débat législatif en évaluant les conséquences économiques, sociales et sanitaires des mesures envisagées. Or, dans le cas présent, l’organisation estime que cette étape essentielle a été négligée malgré l’importance des enjeux soulevés.
Une filière économique préoccupée pour son avenir
La FIVAPE souligne que le secteur français de la vape représente aujourd’hui 870 entreprises, environ 25 000 emplois et un chiffre d’affaires estimé à 1,6 milliard d’euros. Elle indique également n’avoir fait l’objet d’aucune consultation préalable dans le cadre de l’élaboration du texte, alors même qu’elle affirme représenter 85 % du marché national.
Face à ce qu’elle considère comme un manque d’anticipation, la FIVAPE a décidé de publier, le 28 mai, sa propre note d’analyse. Celle-ci s’appuie notamment sur les effets observés dans plusieurs pays ayant adopté, ces cinq dernières années, des mesures restrictives visant le vapotage, qu’il s’agisse d’interdictions d’arômes, de limitations portant sur certains produits, d’une fiscalité rapprochée de celle du tabac ou encore d’un encadrement renforcé de la distribution.
L’organisation mobilise également les résultats d’une enquête réalisée avec OpinionWay en novembre 2025 auprès de 3 582 personnes, dont 1 000 utilisateurs de cigarettes électroniques, afin d’évaluer les réactions potentielles des consommateurs face à un durcissement de la réglementation.
Des conséquences sanitaires et sociales jugées préoccupantes
À partir de ces différents éléments, la FIVAPE avance plusieurs scénarios qu’elle considère comme particulièrement préoccupants si le paquet neutre venait à être appliqué à la vape.
La fédération estime notamment qu’entre 900 000 et 1,3 million de personnes supplémentaires pourraient continuer à fumer ou reprendre le tabac dans un délai de 18 mois. Elle redoute également un ralentissement de la baisse du tabagisme observée chez les plus jeunes ces dernières années.
Sur le plan économique, la FIVAPE évoque le risque de faillites en cascade parmi les boutiques spécialisées indépendantes ainsi qu’au sein des fabricants français d’e-liquides. Selon ses projections, près de la moitié de ces producteurs pourraient être fragilisés, entraînant la suppression d’au moins 8 000 emplois directs.
Autre sujet d’inquiétude : le développement d’un marché noir. La FIVAPE estime que jusqu’à 40 % des ventes pourraient basculer vers des circuits illicites, échappant ainsi aux contrôles de qualité et de sécurité actuellement en vigueur.
Le risque d’un développement du marché parallèle
Parmi les conséquences avancées par la fédération figure également la montée en puissance d’un marché parallèle des produits du vapotage. Selon ses estimations, une partie importante des consommateurs pourrait se tourner vers des circuits non réglementés si l’offre légale perdait en attractivité ou en visibilité.
La FIVAPE considère que cette évolution présenterait des risques supplémentaires en matière de sécurité des produits, de traçabilité et de protection des consommateurs, les produits vendus hors des circuits officiels n’étant pas soumis aux mêmes contrôles.
Un appel aux pouvoirs publics avant toute réforme
En rendant publique sa note d’analyse, la FIVAPE entend alimenter le débat autour d’une mesure qu’elle juge insuffisamment documentée. Le document a été transmis au ministère de la Santé, au cabinet du Premier ministre, à la Direction générale de la santé, à la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives ainsi qu’aux parlementaires concernés.
Sans modifier sa position de fond, déjà exprimée au printemps, la FIVAPE appelle les pouvoirs publics à prendre en compte les spécificités d’un secteur qui se présente comme un acteur de la réduction du tabagisme.
La FIVAPE plaide pour une évaluation préalable approfondie
La fédération estime que toute évolution réglementaire devrait s’appuyer sur une évaluation préalable approfondie afin de mesurer précisément ses effets potentiels, tant sur la santé publique que sur l’économie française.
Pour l’organisation professionnelle, la question ne se limite pas à l’apparence des produits. Elle concerne également l’impact réel que pourraient avoir de nouvelles contraintes sur les comportements des consommateurs, l’avenir de la filière française du vapotage et les objectifs de réduction du tabagisme poursuivis par les pouvoirs publics.
Après un Master en Finance, j’ai commencé ma vie active en cabinet d’études financières. Pour être franc, j’ai fait rapidement le tour de ce qu’il y avait à y voir. Aujourd’hui je navigue entre intervention conseil en entreprise et mes billets d’analyse et de conseils en finance / bourse 🙂
